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COVID-19

Les faiblesses de l’impérialisme

Le 17 mars 2020

La pandémie du COVID-19 de mars 2020 a montré aux révolutionnaires les points faibles de l’impérialisme. Elle leur donne des leçons pratiques et des raisons d’espérer. Le président français, Emmanuel Macron, montre clairement qu’il se situe à la pointe des forces réactionnaires européennes et mondiales. Il revendique un rôle de leader que les autres dirigeants semblent lui concéder d’assez bonne grâce. Mais dans une situation « de guerre » où le chaos s’installe peu à peu, il est clair que seule la classe ouvrière, la masse des travailleurs, représente la force potentiellement dirigeante du pays.

Macron, leader de l’impérialisme européen

En deux « Adresses aux Français » le jeudi 12 mars et le lundi 16 mars, le président français a montré l’ampleur de ses prétentions et aussi les limites de sa puissance. Dans le premier discours, il a longuement insisté sur la nécessité d’une coordination européenne dont il voudrait prendre la direction.

Concrètement, Emmanuel Macron a convaincu Donald Trump, président du G7 cette année, d’organiser un sommet extraordinaire par vidéoconférence le lundi 16 mars. Cet organisme comprend les USA, le Canada, le Japon, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie. Cette réunion a donné lieu à un communiqué (https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/03/16/coronavirus-declaration-des-chefs-detat-et-de-gouvernement-du-g7). La solution évoquée est « conforme à nos valeurs démocratiques et à l’économie de marché ». C’est-à-dire le respect du capitalisme.

L’obsession de la « reprise économique » est également omniprésente alors qu’est en place un krach boursier. Le 9 mars, les bourses ont plongé suite à l’écroulement du cours du pétrole, « indice d’un début de récession mondiale » dit Le Point. Le 12 mars, elles dévissent après l’annonce par Trump de la fermeture pour 30 jours des aéroports états-uniens aux avions européens et l’érection par l’OMS de l’épidémie au rang de pandémie. Le 16 mars, à Paris, nouvelle chute de 5,75 % du CAC 40 à la suite des mesures de confinement. L’indice a même un moment plongé de 11,25 %. En cinq jours le CAC 40 s’est contracté de 17,43 %. Sur son cours le plus haut en janvier (6 111 points), la baisse est de 36 %. C’est une valeur très proche du krach de 1929. Tous les indices états-uniens et européens suivent la même courbe.

Dans son second discours, le ton a changé. « Nous sommes en guerre », lance six fois le président français, comme une terrible anaphore. Il en appelle aux « sacrifices ». Les seules quatre occurrences à l’Europe (dix-huit dans le premier discours) sont cette fois rassemblées dans un seul paragraphe.
Cette « Adresse » est une bonne répétition de ce que pourrait être un conflit réel. Macron précise « ni contre une armée, ni contre une autre Nation ». Cette formule est très étrange. Le président de la République y pense donc ?

Les travailleurs hospitaliers

Le 12 mars, Macron se sent fort de « ces héros en blouse blanche, ces milliers de femmes et d’hommes admirables qui n’ont d’autre boussole que le soin, d’autre préoccupation que l’humain, notre bien-être, notre vie ». « Des femmes et des hommes, dit-il encore, capables de placer l’intérêt collectif au-dessus de tout, une communauté humaine qui tient par des valeurs : la solidarité, la fraternité. »
Mais la contradiction est criante et pour le coup assez scandaleuse. Le gouvernement de Macron refuse depuis plus d’un an de donner les moyens nécessaires à l’hôpital. Débutée le 18 mars 2019 à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, la grève du personnel des urgences s’est étendue comme une tâche d’huile tout au long de l’année 2019 à des centaines de services. Sans faiblir. Elle a convergé sans hiatus avec les luttes contre la réforme des retraites. Le soutien de l’immense majorité de la population lui a toujours été acquis.

La définition que donne Macron des hospitaliers, sans le vouloir sans doute, c’est celle d’une classe dirigeante qui selon les termes de Marx et de Lénine travaille pour l’intérêt général. En France, les forces syndicales ont l’habitude de n’admettre dans la classe ouvrière que les salariés du secteur primaire (mines) et secondaire (usines). Il va de soi en 2020 que la classe ouvrière comprend ces contingents nombreux de travailleurs du tertiaire, pour aller vite les hospitaliers, les enseignants et les agents de l’administration. Et d’autres nous y reviendrons.

Les 1,2 millions de salariés du secteur hospitalier sont pour des raisons historiques dans une situation à la fois privilégiée et dangereuse. Depuis la Libération, dans les années 1944-1946, une lutte – pas toujours très claire – s’est déroulée entre le secteur public et le secteur privé. Certains n’en avaient que pour les cliniques privées, plus rentables et censément plus ouvertes à la modernité. Mais la majorité de la population a fait corps, avec succès, avec le secteur public. Nous mènerons ailleurs cette enquête passionnante. Lutte d’autant plus volontaire et profonde qu’elle était doublée des illusions social-démocrates sur le « capitalisme monopoliste d’État » qui devait à terme, selon ses protagonistes, permettre de récupérer le capitalisme, sans faire la révolution. Ces épouvantails devraient être devenus des leurres.

Il faudra faire la révolution. Il faudra que la classe ouvrière, la classe dirigeante, prenne la direction des opérations. Dans le débat sur les urgences hospitalières, nul doute que les comités de grève des hôpitaux donnent la voie à suivre pour que le système hospitalier français reste très performant. Cette voix n’est pas celle des ministres de la santé de pacotille comme Agnès Buzin (qui démissionne en pleine crise pour aller se prendre une veste électorale à Paris) ou Olivier Véran, son successeur dépassé par les événements.

Pour les communistes européens, il y a lieu de bien réfléchir à ces données toute neuves et de bien comprendre la situation. Le secteur de la santé n’est pas isolé. Il faut que d’autres collectifs de la classe ouvrière apparaissent avec une égale compétence à prendre la direction ; mais c’est bel et bien de ces expériences que naîtront les vagues révolutionnaires qui emporteront le vieux monde impérialiste. Le plus tôt sera le mieux.

La supériorité des pays socialistes

La Chine populaire nous donne un cas exemplaire de la supériorité du socialisme. Dans un communiqué du porte-parole de l’ambassade de Chine en France (http://www.amb-chine.fr/fra/zfzj/t1750850.htm), les attaques contre la Chine sont vigoureusement démenties. Depuis le 1er mars, la Chine affiche un nombre toujours plus faible de nouveaux cas de contamination. Le nombre total de décès dans le monde (7 000 à l’heure actuelle) nous montre dès lors que le COVID-19 n’est pas la maladie du siècle. La Chine se trouve être le seul pays non-impérialiste à posséder un système de santé capable de réagir face a une telle crise. En plus, elle propose son aide à d’autres pays : l’Italie reçoit dès le 13 mars l’aide sanitaire conjointe de la Chine et de Cuba.

Progression du coronavirus en Chine (Wikipédia)

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