Catégories
Europe

Transformer l’Europe

L’Europe des peuples, une Europe de paix

Le 25 mars 1957, après des siècles d’affrontement, six pays d’Europe occidentale (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas) signent deux traités. Le premier forme la Communauté économique européenne (CEE). Il entre en vigueur le 14 janvier 1958. Le second crée l’Euratom sur la coopération nucléaire. Il fonctionne toujours. L’Acte unique européen de 1986 fixe l’achèvement du marché intérieur au 1er janvier 1993. Il marque la fin de la CEE. En 1992, le traité de Maastricht fonde l’Union européenne (UE) : renforcement de la coopération et adoption d’une monnaie unique. Utilisé d’abord comme monnaie de compte, l’euro commence à circuler le 1er janvier 2002. Seulement 19 pays de l’UE font aujourd’hui partie de la « zone euro ». Après la sortie du Royaume-Uni en 2019, l’UE compte 27 membres. La population approche 450 millions.

carte de l'Europe en 2019 avec l'Union européenne et le Royaume-UniCarte politique de l’Europe en 2019
avec l’Union européenne (vert) et le Royaume-Uni (orange)
(Wikipédia)

Tel est le récit – en quelques lignes – d’une des plus formidables entreprises impérialistes de tous les temps. Plus fort que la geste du grec de Macédoine Alexandre le grand (IVe siècle avant notre ère). Plus fort que la lente constitution de l’empire romain (IIe siècle avant – Ve siècle de notre ère). Plus fort aussi que l’agrégation progressive des 50 États des USA depuis 1786.

Les accents de triomphe doivent immédiatement s’arrêter puisqu’il s’agit d’une entreprise impérialiste. Nous aurons l’occasion de dire le rôle de cette construction dans l’affaiblissement – de 1949 à 1989 – des pays socialistes de l’Europe de l’est, unis dans le Pacte de Varsovie avec l’Union soviétique (URSS). Les membres de la CEE puis de l’UE sont tous membres de l’alliance militaire agressive de l’OTAN. Dans le champ économique, l’UE constitue le triomphe d’un libéralisme capitaliste débridé. À l’occasion, il joue avec violence contre certains membres de l’Union mis en difficulté passagèrement. Mais toujours, les pays du monde les plus faibles sont écrasés par la puissance de l’UE.

Ce grave constat pousse certains à analyser comme totalement néfaste l’Union européenne et à proposer sa disparition. D’autres semblent souhaiter en sortir pays après pays. En 2016, par référendum, les citoyens du Royaume uni ont fait ce choix. C’est le brexit. On prête aux dirigeants impérialistes de la Grande Bretagne le projet de privilégier les relations économiques avec les USA et avec la « zone asiatique ». L’avenir dira rapidement ce qu’il en est.

Il semble cependant que l’impérialisme a fait de lui-même ce qui semblait le plus difficile à réaliser : faire tomber les prétentions égoïstes et nationalistes des « petites nations » de la vieille Europe. Il a même tenté de faire émerger un début de conscience internationaliste. Aucun résultat n’est sur ce point au rendez-vous. Nous condamnons l’UE dans ce qu’elle représente. Nous condamnons l’UE dans son rôle de machine de guerre contre les peuples. Mais nous ne voulons pas perdre le bénéfice de plus de 60 ans de construction européenne. Pour nous, définitivement, l’Europe est notre pays. Nous voulons sortir l’Europe de ses ornières impérialistes. Nous voulons la construire comme l’Europe des peuples. Nous voulons la convertir en Europe de paix. Ce programme exige la poursuite d’un objectif clairement révolutionnaire et, en conséquence,  l’utilisation de moyens révolutionnaires.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *